COLLEGE ANDRE DERAIN

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L’ARTICLE D’UN ECRIVAIN POUR LES 6°1

vendredi 30 janvier 2015

Ma visite au collège
Décembre 2014

Collège André Derain, jeudi, 8h40 : c’est presque l’heure de la rencontre avec les 6é1. J’avance dans le couloir du premier étage qui mène au CDI. Toutes les portes sont fermées car les classes sont déjà au travail ; il n’y a presque pas de bruit. Je pense à ce que j’ai envie de dire à ces élèves de 6è que je ne connais pas. J’espère aussi que je serai à la hauteur de leurs questions et que je pourrai leur apporter des réponses qui les intéresseront.
J’entre dans le CDI, la classe est déjà installée. Les enfants et leur professeur de français me saluent aimablement. Je m’installe et, pour commencer, je me présente… Et déjà, les premières questions sont posées : à quel âge avez-vous eu envie d’écrire ? Est-ce qu’écrivain est votre métier ? Comment on publie un livre ? Quel est votre métier ? Pourquoi un livre pour enfants ? Combien de temps pour écrire un livre ? Et les illustrations ? Avez-vous envie d’écrire un autre livre ? Cet entrain me fait plaisir. Presque tout le monde a l’air d’avoir envie de participer et c’est ce que je préfère : discuter avec les élèves, plutôt que de parler toute seule !

Lecture !
Je constate vite que la plupart des enfants qui sont là sont intéressés par la lecture. Nous faisons un petit sondage sur « qui aime / qui n’aime pas lire ? » : la plupart des élèves lisent volontiers. Ceux qui avouent ne pas aimer lire sont tout de même d’accord avec ce point : nous lisons toute la journée, sans forcément nous en rendre compte ! Et puis nous donnons nos préférences de lecture : certains aiment les contes, d’autres les livres qui font peur, d’autres des récits qui racontent des histoires vraies, d’autres des BD ou des romans…
Nous essayons ensuite d’imaginer ce que serait notre vie si nous ne savions pas lire. J’ai apporté un article de journal racontant la vie très compliquée des gens illettrés : ils n’ont pas eu la chance d’apprendre à lire et pour eux, chaque jour est une bataille. Tout est difficile : se repérer, comprendre le monde dans lequel ils vivent, aider leurs enfants à l’école, s’informer…
Moi qui ai la chance de savoir lire et d’aimer lire, je trouve que la vie est triste sans lecture. Parce qu’elle nous apprend énormément de choses. Mais aussi parce qu’elle est aussi un bon moyen de rêver, de s’évader, de rencontrer d’autres mondes, d’autres manières de vivre, d’autres points de vue ou des sentiments très différents… Et puis aussi, lire développe notre propre imagination, notre créativité.

L’envie d’écrire…
Nous avons aussi parlé d’écriture. Quelques élèves écrivent des textes « personnels » pour les lire à leur famille, à leurs amis, ou les garder juste pour eux. Continuez !
J’ai dit à la classe – et j’y crois dur comme fer ! - que si l’on a envie d’écrire un livre, une histoire (même petite), un poème, un journal, un texte, quel qu’il soit, il faut s’y mettre et ne pas avoir peur de « faire des fautes ». Il faut prendre le temps de le faire, le faire honnêtement, travailler, approfondir, se poser des questions, se relire (dans sa tête et à voix haute) avec concentration aussi. Ensuite, on doit se faire relire par quelqu’un en qui on a confiance (tous les écrivains se font relire par plusieurs personnes !), qui va pouvoir nous aider à corriger nos fautes et qui nous dira, aussi, si notre récit est crédible, s’il est bien enchaîné, s’il manque des éléments, etc. Alors, il faut non seulement accepter les critiques, mais aussi savoir défendre ses propres choix, que ce à propos d’éléments événements de l’histoire, ou des mots que l’on a choisi d’employer. L’écriture, c’est beaucoup de travail, mais c’est aussi un grand bonheur. C’est la liberté d’imaginer, de vivre d’autres vies, de raconter, de dire ce que l’on a envie de dire.
J’ai passé un excellent moment en compagnie de la 6é1. Je remercie tous les élèves et leur professeur de leur accueil, de leur curiosité, de leur écoute. Nos échanges de points de vue m’ont touchée et beaucoup plu.
Anne B.